Verre – papier – plastique : les grands repères, de la fabrication au recyclage

Verre – papier – plastique : les grands repères, de la fabrication au recyclage

 Verre - papier - plastique

Le verre, le papier et le plastique figurent parmi les matériaux d’emballages les plus utilisés dans notre quotidien. Au cours de leur vie, ils passent plusieurs fois entre les mains des consommateurs : de l’achat, au stockage, en passant par la consommation puis enfin le tri. Que sait-on réellement sur eux ? Quels sont leurs procédés de fabrication ? Comment sont-ils recyclés ? On vous dit tout dans cet article.

Le verre : de la fabrication au recyclage, le perpétuel recommencement

Selon le site futura-sciences.com, le verre est utilisé par l’homme depuis environ cinq millénaires. Les quatre grandes étapes de sa fabrication ont pourtant peu évolué. Malgré tout, une nouvelle phase est apparue depuis quelques années : le recyclage.

Tout commence par la silice contenue dans le sable. Il est fondu à environ 1500°C après avoir été mélangé à des fondants tels que la chaux, la potasse ou la soude. Dans cette mixture sont ajoutés de l’eau et des morceaux de verre recyclés.

Le verre ainsi obtenu est transformé à chaud, jusqu’à ce qu’il prenne la forme désirée. Son refroidissement lui permet de garder cette forme tout au long de sa vie. Sa résistance peut être améliorée par deux procédés complémentaires : le traitement thermique et la trempe.

Enfin vient l’étape de recyclage, à condition qu’une fois arrivé au stade de déchet, son tri soit bien effectué. Le verre est un matériau recyclable à l’infini. De plus, il fond à des températures moindres que la silice, ce qui fait que cette dernière étape de sa vie est plus économique et donc écologique. La seule limite est que la production de verre « neuf » nécessite a minima 20 % de verre recyclé. L’objectif actuel en France, est de tendre vers 100 % de verre recyclé d’ici 2025. Par ailleurs ce chiffre atteignait 78 % en 2017, selon l’ADEME.

Le papier et ses cinq vies

Qui dit papier dit bois, et plus précisément fibres de bois. On parle également de fibres vierges. Autrefois, le bois était issu de déchets de scierie, mais la demande mondiale a fortement augmenté. 

La pâte à papier en est issue après traitement chimique ou mécanique, puis mélangée à de l’eau voire à du papier recyclé. Ensuite, le papier est blanchi, là encore grâce à un procédé basé sur la chimie. Enfin, les feuilles sont formées après ajout de plusieurs composants, selon les propriétés souhaitées.

Une fois utilisé et trié, le papier en tant que déchet peut être recyclé. L’avantage principal est de pouvoir être réinjecté dans la fabrication de papier « neuf », le tout pour un coût écologique bien moindre. D’après Citeo, la consommation d’énergie et d’eau nécessaire à la fabrication du papier est en effet trois fois moindre avec du papier recyclé qu’avec des fibres vierges.

Actuellement, selon des chiffres de Citeo, trois millions de tonnes de papiers sont commercialisées chaque année. Le taux de recyclage en France atteint par ailleurs 59 %. 70 % des papiers recyclés redeviennent des papiers et, 20 % des emballages en carton. Au final en moyenne, les nouveaux papiers intègrent environ 40 % de fibres recyclées. Il a ainsi été calculé qu’un papier peut ainsi être recyclé cinq fois en moyenne, en considérant tous ces mélanges.

Fabriqué puis recyclé, les secrets du plastique

Majoritairement issu du pétrole, le plastique connaît un procédé de fabrication en quatre étapes, avant son éventuel recyclage en fin de vie. Des alternatives au pétrole, utilisant la cellulose, l’amidon ou le gaz naturel existent, mais elles restent marginales.

Ainsi, selon le site futura-sciences.com, tout commence à partir du naphta, un liquide issu du pétrole, préalablement craqué. Cela signifie qu’il est chauffé à 800°C puis refroidi brutalement jusqu’à 400°C. Ensuite vient l’étape de polymérisation, c’est-à-dire que les molécules obtenues se lient entre elles afin de former des chaînes de plastique. Ce dernier se présente alors sous la forme de poudre, de granulés ou de liquide.

Suivant diverses techniques de moulage, extrusion, injection ou thermoformage, ces poudres, granulés ou liquides prennent la forme du produit ou de l’emballage souhaité. Des colorants et autres additifs leur confèrent par ailleurs toutes sortes de propriétés selon l’usage auquel ils sont destinés.

Une fois en fin de vie, la plupart des plastiques peuvent être recyclés. Cela dépend des consignes de tri en vigueur dans les communes. Après des cycles de prélavage et de tri, ils sont broyés en paillettes. De nouvelles étapes de lavage, rinçage, essorage, séchage, tamisage interviennent avant que les paillettes deviennent des granulés. Ces derniers sont ensuite intégrés dans le cycle de production de nouveaux plastiques.

En fonction de la nature du plastique, la filière est différente et les débouchés variés. Selon des chiffres publiés en décembre 2019 par Citeo, 26,5 % des emballages plastique sont aujourd’hui recyclés. Ce chiffre grimpe à près de 60 % en s’intéressant uniquement aux bouteilles et autres flacons. L’extension des consignes de tri d’ici 2022 devrait permettre d’optimiser cette performance.

Le plastique ne peut pas être recyclé indéfiniment mais un bon tri et un bon recyclage permettent d’augmenter le nombre de cycles qu’il peut subir. Sa réintégration dans de nouveaux produits et emballages plastique dépend également de la nature de ces derniers. S’il y a contact alimentaire, les règles seront en effet beaucoup plus strictes. Enfin, certains plastiques ne sont ni compatibles avec un contact alimentaire, ni recyclables.

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Quelle différence entre recyclable et recyclé ?

Quelle différence entre recyclable et recyclé ?

Recyclable et recyclé

Beaucoup de personnes ont tendance à confondre les mots « recyclable » et « recyclé ». Pourtant, bien que partageant une racine commune, ces deux termes ne répondent pas à la même définition. Cet article va être l’occasion de bien les distinguer, une fois pour toutes.

Qu’est-ce qu’un matériau recyclable ?

Qui dit recyclage dit réintroduction, après traitement, dans la production d’un nouveau produit. Un matériau recyclable doit donc, notamment, répondre à cette exigence. De nos jours, la plupart des matériaux sont recyclables, à l’instar de :

  • l’acier ;
  • l’aluminium ;
  • le carton ;
  • le papier ;
  • le plastique ;
  • le polystyrène ;
  • le verre.

Ceux-ci proviennent de déchets ménagers et peuvent rejoindre des filières de recyclage spécifiques. Il existe également des filières réservées aux autres déchets, industriels ou issus des déchetteries, qui peuvent comprendre le bois, les pneumatiques, les déchets verts, les textiles…

Quelles règles pour qu’un matériau soit recyclable ?

L’éco-organisme Citeo a publié un guide des règles de recyclabilité afin de les comprendre. En effet, qu’un matériau soit intrinsèquement recyclable ne suffit pas. Il doit également répondre à un certain nombre de paramètres spécifiques.

Le matériau considéré peut être associé à un autre matériau dans un produit ou un emballage. Les deux peuvent même être intrinsèquement recyclables. Toutefois, s’ils appartiennent à des filières de recyclage différentes, seul l’élément principal sera effectivement recyclable. 

C’est par exemple le cas d’une étiquette papier enroulée autour d’une bouteille en plastique. Seule cette dernière pourra intégrer un processus de recyclage.

Par ailleurs, certains matériaux doivent répondre à des critères précis. C’est le cas du papier, du carton, du verre et du plastique. Pour commencer, le papier et le carton doivent être composés majoritairement de matériaux fibreux. Dans le cas contraire, ils ne seront pas recyclables.

Concernant le verre, certaines restrictions empêchent sa recyclabilité complète. Il s’agit par exemple de types de verres spécifiques, tels que le cristal ou la céramique, qui ne sont pas recyclables.

Le cas des plastiques est plus complexe, car ils doivent avant tout être catégorisés en fonction de leur composition. Il y a les plastiques souples d’un côté, puis les plastiques rigides, lesquels sont séparés en trois catégories : PET, PE/PP et autres. Les critères concernant les plastiques souples ou rigides sont relativement complexes. Le guide de Citeo en expose les détails. Selon ces critères précis, le plastique sera recyclable ou non. En tout état de cause, un plastique rigide qui n’appartient pas aux familles PET, PE ou PP n’est pas recyclable.

Comment reconnaître un matériau recyclable ?

Plusieurs logos existent en fonction du matériau. Si l’un d’entre eux est présent sur le produit ou l’emballage, alors il peut être recyclé :

  •  : concerne l’acier ;
  •  : concerne l’aluminium ;
  •  : le logo Triman est apposé sur les emballages recyclables qui peuvent être triés en tant que tel ;
  •  : le ruban de Moebius sans chiffre à l’intérieur indique que le matériau est recyclable.

Il ne faut pas les confondre avec les logos « Point vert », « Eco-Folio » ou « Citeo » qui indiquent uniquement que le producteur de cet emballage a versé sa contribution écologique à un éco-organisme.

Quelle est la différence avec un matériau recyclé ?

Dès lors, il est aisé de comprendre la différence entre un matériau recyclable et un matériau recyclé. Le premier possède un ensemble de caractéristiques lui permettant d’intégrer, théoriquement, une filière de recyclage existante. Le second a effectivement rejoint une telle filière et a pu être transformé en vue d’une intégration dans un nouveau produit.

Pourquoi tous les matériaux recyclables ne sont-ils pas recyclés ?

En effet, tous les matériaux recyclables ne sont pas recyclés. Pourquoi ? D’une part parce que le tri n’est pas effectué par l’ensemble de la population. D’autre part, quand bien même le tri serait réalisé, des erreurs peuvent parfois conduire à des « refus de tri ». Cela signifie qu’une benne contenant des produits non recyclables ne rejoint pas la filière de recyclage mais celle des ordures ménagères.

Les chiffres du recyclage en France en 2018, fournis par Citeo, illustrent bien cet écart. Si 88 % des Français trient seuls 48 % d’entre eux le font systématiquement. En découlent des taux de recyclage par matériau qui peuvent encore grandement être améliorés :

  • 44 % pour l’aluminium ;
  • 68 % pour les papiers et cartons, à détailler entre les briques alimentaires pour près de 53 % et les autres papiers/cartons pour 69 % ;
  • la performance pour le plastique est mauvaise, à moins de 27 %, se répartissant entre 58 % des bouteilles et flacons en plastique souple recyclées et à 4 % pour les autres plastiques ;
  • près de 87 % pour le verre.

Cas des plastiques : les raisons de l’écart important entre recyclable et recyclé

Il est important de noter, pour le plastique, que ces chiffres peuvent s’expliquer. En effet, les consignes de tri actuelles concernant les plastiques sont floues. Beaucoup de Français hésitent entre les plastiques à trier et ceux à jeter dans la poubelle d’ordures ménagères. De ce fait, en cas de mauvais choix, si du plastique non recyclable arrive dans la filière de recyclage, la benne sera éliminée. D’un autre point de vue, s’il est recyclable mais atterrit avec les ordures ménagères, il ne sera pas recyclé non plus.

Pour pallier cette problématique, une extension des consignes de tri concernant le plastique est testée depuis quelques années. Aujourd’hui, environ 24 millions de Français sont concernés. Pour les autres, l’objectif est de pouvoir envoyer la totalité des plastiques dans les filières de recyclage d’ici la fin de l’année 2022. Nul doute que ceci permettra d’accroître substantiellement les performances de tri et donc le taux de recyclage pour ce matériau.

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Qu’est-ce que la déclaration Citeo ?

Qu’est-ce que la déclaration Citeo ?

la déclaration Citeo

 

Chaque année, la réglementation impose à un certain nombre d’entreprises de réaliser une déclaration auprès de Citeo. Qui est concerné ? Que faut-il déclarer et pourquoi ?

Pourquoi faut-il réaliser une déclaration auprès de Citeo ?

Le code de l’environnement instaure le principe de Responsabilité élargie du producteur, ou REP. Dans ce cadre, l’éco-organisme Citeo est missionné pour centraliser les déclarations des entreprises concernées par la REP au titre des papiers et des emballages.

L’objectif est de récupérer une taxe proportionnelle à la quantité déclarée. Cette contribution permet ensuite de mettre en place des actions en faveur du recyclage et de la performance de l’économie circulaire. Le site internet de Citeo précise les axes privilégiés :

  • financement de la collective sélective ;
  • sensibilisation au tri des déchets ;
  • éco-conception et rentabilité des filières de recyclage.

Cette déclaration est obligatoire et doit être réalisée entre le 1er janvier et le 28 ou 29 février, concernant les tonnages émis l’année précédente. Par la suite, la contribution financière est à verser avant le 30 avril.

Que faut-il déclarer à Citeo ?

Seules les entreprises émettant des emballages ou des papiers graphiques sont concernées par la déclaration annuelle de Citeo (sachant que c’est la réglementation qui impose de la réaliser via cet éco-organisme). Toutefois, les critères sont nombreux et il existe des exceptions et des bonus. Citeo a publié sur son site trois guides à destination de leurs adhérents, en vue de simplifier leur lecture de la réglementation. Ceux-ci portent sur :

Les emballages ménagers à déclarer

Dans cet article ne seront abordés que les emballages ménagers. Il faut dès lors savoir que la totalité de ceux mis sur le marché en France doivent être déclarés. À titre d’exemple sont concernés :

  • les produits vendus dans les commerces accessibles aux particuliers ;
  • ceux vendus dans les commerces accessibles uniquement aux professionnels, si ces derniers les revendent ensuite à des particuliers ;
  • ceux vendus dans les distributeurs automatiques ;
  • ceux vendus puis consommés sur place ou non ;
  • les emballages de transport ;
  • les emballages entourant les lots de produits destinés aux consommateurs finaux…

De ce fait sont exclus les emballages des produits uniquement consommés ou utilisés par des professionnels, notamment les très grands formats, les emballages de regroupement restés dans les points de vente et les emballages souillés par des produits chimiques par exemple.

Focus sur la déclaration des emballages ménagers

En vue de simplifier la démarche pour les déclarants, Citeo optimise régulièrement son outil en ligne. Notamment, l’éco-organisme a réduit le nombre de lignes à remplir, en introduisant l’Unité de Vente Consommateurs (UVC) comme unité de référence.

Par ailleurs, une aide intuitive est proposée pour détecter rapidement et efficacement les éventuelles erreurs de saisie. Enfin, les petits producteurs, c’est-à-dire ceux qui émettent moins de 10 000 UVC annuellement, peuvent payer une contribution forfaitaire de 80 €. Pour cela, leur déclaration est validée en trois clics, constituant un gain de temps conséquent.

Qui est concerné par la déclaration Citeo des emballages ménagers ?

Émettre un ou plusieurs types d’emballages concernés par la déclaration n’est pas la seule condition nécessaire pour devenir adhérent à Citeo. Il faut être soit le premier à mettre sur le marché le produit emballé, soit un importateur, soit un producteur. Dans certains cas, le distributeur est également concerné.

Pour pouvoir réaliser sa déclaration annuelle, il est indispensable, au préalable, d’adhérer à Citeo. En effet, c’est l’unique éco-organisme compétent pour les emballages. Il est à ce titre habilité à recevoir les déclarations, à les traiter et à encaisser les contributions.

Les barèmes de l’éco-taxe, les majorations et les bonus dans le cadre de la déclaration Citeo

Différents selon le matériau, les barèmes exhaustifs figurent dans les guides publiés par Citeo. Concernant les emballages, le mode de calcul et le système de bonus-malus dépendent de plusieurs critères. Par ailleurs, il existe des situations dans lesquelles la déclaration peut être simplifiée. Citeo met à disposition, sur son site, des outils pour aider le déclarant à s’y retrouver.

En conclusion, les critères et les modes de calcul sont difficiles à appréhender dans nombre de situations. Pour autant, Citeo met tout en œuvre pour faciliter le travail de ses adhérents lors de la déclaration annuelle. Sachant que toute sous-estimation ou omission de déclaration est passible de lourdes amendes, il est conseillé de ne pas négliger cette étape indispensable et réglementaire. A fortiori, cette déclaration permet à chaque entreprise de mesurer factuellement les progrès de sa performance en économie circulaire.

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Qu’est-ce que l’éco-conception des emballages ?

Qu’est-ce que l’éco-conception des emballages ?

l'éco-conception des emballages ?

 

L’éco-conception consiste à concevoir des emballages ayant un impact environnemental moindre par rapport à celui des générations précédentes. Contrairement aux idées reçues, la simple réduction de la masse de matière n’est pas le seul levier envisageable. D’autres paramètres doivent être pris en compte, comme cet article le montrera.

Les enjeux de l’éco-conception des emballages

Éco-concevoir est devenu un enjeu majeur industriel. La pollution des océans due aux plastiques, la difficulté du recyclage, l’amoncellement des déchets… Autant de raisons qui démontrent que le moment est venu de changer son approche en termes de production. Parier en faveur d’un avenir plus vertueux, c’est notamment concevoir différemment les emballages.

Dans ce but, le Conseil national de l’emballage a mis au jour neuf enjeux qu’une démarche d’éco-conception doit impérativement intégrer :

  1. Réduire les impacts environnementaux des produits développés actuellement ;
  2. Conduire une réflexion en vue de réduire l’empreinte carbone des produits existants ;
  3. Identifier, puis maîtriser, chaque risque et coût relatifs au cycle de vie des produits ;
  4. Réduire autant que possible les coûts de transport, des matières premières et des emballages ;
  5. Savoir anticiper les critiques négatives provenant des diverses parties prenantes ;
  6. Prévenir les évolutions réglementaires pour mieux s’y préparer ;
  7. Considérer l’aspect environnemental comme un pilier de créativité et d’innovation ;
  8. Mettre en avant une démarche « verte » sincère pour obtenir le soutien du public ;
  9. Se démarquer de la concurrence pour conquérir de nouveaux marchés.

Dès lors, si chaque étape de la conception d’un emballage prend l’ensemble de ces enjeux en considération, cela rendra ledit emballage le plus vertueux possible. Ce n’est qu’à ces conditions que l’on pourra réellement parler d’éco-conception.

L’analyse du cycle de vie des emballages

Pour que l’éco-conception soit réalisée de la façon la plus efficace possible, il faut donc raisonner en termes de cycle de vie complet de l’emballage. Pour cela, il faut tout d’abord bien appréhender sa définition et comment se formalise son analyse.

Le cycle de vie d’un produit considère l’ensemble des étapes de sa conception à sa fin de vie. Il se décompose comme suit :

  • conception, par un bureau d’études par exemple ;
  • extraction ou fabrication des matières premières qui le composent ;
  • fabrication de l’emballage ou du produit ;
  • transport vers les différents entrepôts de stockage ;
  • utilisation par le client final ;
  • fin de vie, incluant le tri, le recyclage ou l’élimination.

En considérant chacune de ces phases, l’analyse du cycle de vie consiste à étudier leurs impacts sur l’environnement. Pour ce faire, il faut prendre en compte plusieurs aspects, parmi lesquels :

  • les écosystèmes, qu’ils soient terrestres, aquatiques, aériens… ;
  • l’épuisement des ressources naturelles ;
  • la santé des hommes.

Dès lors, une conception écologique est celle qui prendra en compte le plus de facteurs et en réduira les impacts au maximum.

Emballage éco-conçu : les leviers pertinents à prendre en compte

Le Conseil national de l’emballage a publié un guide méthodologique sur l’éco-conception. Il aborde six points-clés qui, associés à une analyse du cycle de vie approfondie, permettent de créer et exploiter des emballages plus respectueux de l’environnement.

  1. Prendre en compte chacune des parties intéressées dès la conception

La forme, la masse, le volume, le transport ou encore le format de poche ou familial sont autant de facteurs qui peuvent influencer à la fois le consommateur que le producteur. Faciliter la vie du premier peut parfaitement nuire au deuxième, et inversement. Une approche globale est donc primordiale.

  1. Ne pas négliger la perception de son utilisation par le consommateur

Le consommateur peut avoir l’impression de gaspiller du produit, de perdre son temps à ouvrir un emballage ou de ne pas maîtriser son impact sur l’environnement. Dès lors, il va chercher à acheter le produit le plus à même de le rassurer sur ces aspects. La réponse d’un industriel peut passer par des éco-recharges, des ouvertures et fermetures faciles ou par une facilité de préhension optimale.

  1. Raisonner sur l’ensemble du cycle de vie pour éviter tout transfert d’impact

Il ne faut pas qu’en améliorant de façon démesurée un aspect du cycle de vie, un autre s’en trouve totalement dégradé. Sinon au final, l’impact environnemental de l’emballage sera moins vertueux, ce qui serait contre-productif.

  1. Optimiser la quantité de produit de l’emballage

Que ce soit en termes de masse ou de volume, l’emballage doit rester résistant lors de son utilisation, du transport et du stockage. En jouant sur certains paramètres, il est cependant possible de réduire la quantité de matière. Parfois, en modifiant légèrement la forme du contenant, il est possible d’en empiler plusieurs. Cela sera bénéfique en termes de stockage et de transport et donc pour l’environnement.

  1. Rationaliser l’utilisation des ressources naturelles lors de la phase de production

Les ressources naturelles sont consommées à diverses étapes du cycle de vie, notamment lors de la production ou du transport. Il est dès lors possible d’utiliser moins de matières, telles que pour l’emballage en tant que tel ou pour les encres utilisées pour l’étiquetage. Par ailleurs, la réduction de la consommation des véhicules par unité transportée peut passer par l’augmentation du nombre d’unités chargées via l’optimisation de leur volume ou des flux logistiques. 

  1. Ne pas oublier de considérer la fin de vie des emballages

Enfin, le dernier point-clé de l’éco-conception porte sur la gestion de la fin de vie de l’emballage. Peut-il être réemployé ou recyclé facilement et à faible coût ? Quelle est la valeur ajoutée des matériaux utilisés après recyclage ? Le consommateur est-il suffisamment informé sur ces aspects ?

Éco-concevoir un emballage est le fruit d’un long processus de réflexion. Le chemin pouvant être semé d’embûches, plusieurs outils d’aide à la décision ont été développés. Sans les citer de façon exhaustive, il existe FEEL, proposé par Citeo, l’éco-organisme qui gère la fin de vie des emballages et des papiers pour plus de 28.000 entreprises en les transformant en nouvelles ressources. Il s’agit d’une application disponible gratuitement sur Internet pour les adhérents Citeo, qui permet notamment un diagnostic rapide.

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L’utilisation de plastique recyclé dans les emballages

L’utilisation de plastique recyclé dans les emballages

plastique recyclé dans les emballages

 

Les emballages plastique peuvent être recyclables et d’autres recyclés. Cette dernière typologie de plastique connaît alors une deuxième vie dans des applications diverses, parfois pour de nouveaux emballages. Cet article fera le point sur la situation actuelle à cet égard, en se basant sur la réglementation. Il tentera enfin de lister les bénéfices et les freins à l’utilisation de plastique recyclé dans les emballages.

Plastique recyclé dans les emballages : état des lieux

À l’heure actuelle, le plastique recyclé ne peut pas être utilisé dans des emballages destinés au contact alimentaire, à l’exception des bouteilles. Toutefois, il est très utilisé dans les emballages ménagers et industriels. Une étude du Conseil national de l’emballage, parue en janvier 2019, pose la situation en France.

Le polyéthylène recyclé dans les emballages alimentaires

La France met entre 300 000 et 350 000 tonnes de bouteilles en PET sur le marché chaque année. Un peu plus de la moitié est recyclée, soit entre 170 000 et 200 000 tonnes, dont 75 % est de couleur claire. En 2016, 43 % de ce PET clair recyclé, également appelé rPET clair, a été introduit dans la fabrication de PET pour de nouvelles bouteilles. Cette proportion est passée à 50 % un an plus tard, soit l’équivalent d’environ 70 000 tonnes. Le reste du PET, clair ou foncé, est majoritairement utilisé dans la fabrication de fibres textiles.

Si la proportion de PET clair recyclé est nettement supérieure à celle du PET foncé ou opaque, c’est à cause des additifs qui lui donnent sa couleur. Cela les rend plus difficilement recyclable. Les industriels privilégient donc le PET sans colorant afin de maximiser le rendement lors du recyclage.

Les autres plastiques recyclés mais non incorporés dans des contenants alimentaires

Quatre familles de plastiques sont principalement recyclées en France, puis utilisées pour fabriquer de nouveaux emballages. Il s’agit des polyéthylènes haute et basse densité PEHD et PEBD. Les débouchés sont spécifiques à la matière.

Ainsi, le rPEHD, pour PEHD recyclé, est utilisé dans la fabrication de tubes, de pièces pour l’automobile… Le rPEBD quant à lui sert plutôt dans les sacs poubelle et les films de palettisation.

Que dit la réglementation sur l’utilisation de plastique recyclé dans les emballages ?

Au niveau européen en décembre 2018, un accord a été signé. Il s’agit de la Directive SUP pour « Single Use Plastics ». Cet accord prévoit qu’à l’horizon 2030, toutes les nouvelles bouteilles en plastique devront contenir au moins 30 % de matière recyclée.

Concernant l’aptitude au contact alimentaire des plastiques recyclés, un cadre réglementaire a été défini par le règlement (CE) n° 282/2008 de la commission du 27 mars 2008.

Plus récemment, en début d’année, la France a adopté la loi sur l’économie circulaire. Elle ouvre la voie à une obligation d’incorporation minimale de matière recyclée pour certains produits et matériaux. Des décrets d’application viendront préciser ces éléments ultérieurement.

Globalement, la réglementation est frileuse et pauvre sur cette thématique. Pourtant, malgré des freins bien identifiés, fabriquer de nouveaux emballages grâce au plastique recyclé présenterait des bénéfices, notamment pour l’environnement.

Quels sont les bénéfices et les freins à l’incorporation de matière recyclée dans les emballages plastique ?

La France vise les 100 % de plastiques recyclés d’ici 2025. Derrière ce vœu pieux se cache une réalité plus contrastée. Tout d’abord parce que le plastique ne peut pas, en l’état actuel des connaissances, être recyclé indéfiniment. De plus, une fois recyclé et incorporé dans d’autres produits non recyclables, le seul débouché est l’incinération. Dès lors, les freins à l’utilisation du plastique recyclé dans les nouveaux emballages sont nombreux.

Les raisons qui freinent l’utilisation du plastique recyclé dans les emballages

D’un point de vue qualitatif, un plastique recyclé contient toutes sortes de polluants qu’il a absorbés durant sa vie précédente, notamment en tant que déchet. Le nettoyage tel qu’il est réalisé à l’heure actuelle ne permet en effet pas de l’en débarrasser, réduisant ses qualités intrinsèques, telles que la solidité notamment. Les débouchés sont donc limités par cet aspect et le contact alimentaire ne peut en aucun cas en faire partie. La sécurité des consommateurs passe avant les bénéfices pour l’environnement.

Le cas du PET vu précédemment est légèrement différent, mais il connaît tout de même une dégradation de sa pureté. Il ne peut donc être recyclé qu’une seule fois en vue d’un contact alimentaire. Au-delà, il devra être utilisé pour d’autres produits.

Enfin, l’aspect économique n’est pas neutre non plus. En effet, les gisements en plastiques recyclés restent faibles. Or, la fabrication des emballages est gourmande en matière première et elle doit être assurée en toutes circonstances. Compter sur le recyclage pour fournir cette matière première est à l’heure actuelle trop délicat. De plus, obtenir un plastique recyclé pur pour certains usages revient cher. Plus cher parfois que le coût de la matière « neuve » issue des ressources naturelles comme le pétrole. À ce titre, le plastique recyclé peine encore à rivaliser.

Les bénéfices environnementaux plaident pour l’utilisation de plastique recyclé dans les emballages

Si la recherche et le développement de nouvelles techniques pouvaient lever ces freins, nombre de bénéfices pourraient plaider en faveur de l’incorporation de plastique recyclé dans les nouveaux emballages.

Tout le plastique qui ne finit pas incinéré est forcément meilleur pour l’environnement. Le recyclage est donc avantageux. Il a été prouvé que la production d’une tonne de plastique recyclé nécessite jusqu’à neuf fois moins d’énergie que le plastique « vierge ». C’est l’équivalent de deux à trois tonnes équivalent carbone non produites. Ces chiffres divergent selon la famille de plastique :

  • recycler une tonne de PET permet d’économiser 83 % d’énergie par rapport à la fabrication d’une tonne de PET vierge ;
  • pour le PEHD, ce chiffre monte à 89 %.

Enfin, du côté des consommateurs, une étude Citeo-Ademe publiée en 2014 a révélé que la présence des matière recyclée dans les emballages était bien perçue par 61 % des Français.

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