Que faire des emballages plastique

 

Cette question essentielle ne relève pas simplement des pratiques individuelles de tri, mais aussi de décisions politiques et d’avancées technologiques. A l’heure actuelle, seule une partie des déchets en plastique peut être prise en charge par les filières du recyclage.  Selon l’ADEME, la France produit 4,5 millions de tonnes de déchets plastiques par an et n’en recycle qu’un quart. (chiffres ADEME juin 2019 – repris par l’AFP/PIERRE ANDRIEU)

Le recours à la mise en décharge est donc encore courant. Cette situation va cependant changer à moyen terme. En effet, des solutions à la fois légales et  techniques devraient permettre rapidement de traiter intégralement les emballages plastique usagés.

Le recyclage des emballages plastique : une filière encore minoritaire

 

Comment clarifier les procédés de  tri des plastiques usagés pour l’ensemble des acteurs ?

 

Pour les plastiques usagés, la filière recyclage se présente à priori comme l’option privilégiée. Elle permet la prise en charge des emballages plastiques faciles à trier et collecter. Pour que cette option fonctionne correctement, il est essentiel en amont que le tri soit bien effectué. Tous les acteurs sont concernés : administrations, entreprises, particuliers…

Pour que ce dernier soit bien effectué, il doit nécessairement être expliqué de façon claire :

° tant vis à vis des collecteurs, qui doivent faire face à d’importantes contraintes logistiques pour ce type de collecte,
° que vis à vis des usagers qui se heurtent à la multiplicité des types de plastiques et à la multitude de logos souvent juxtaposés; créant une confusion.

C’est tout le sens de l’étiquetage Info-tri qui précise aux utilisateurs ce qu’ils doivent faire avec leurs emballages. Selon certains critères d’éligibilité, une entreprise peut apposer une étiquette Info-tri sur les emballages plastiques qu’elle utilise ; il lui faut pour cela tout d’abord être adhérent de l’Adelphe.

Les filières de recyclage du plastique ne peuvent pas prendre en charge la totalité des emballages plastiques. En effet, tout le segment des petits emballages représenterait un coût considérable s’il devait être recyclé. 

A l’heure actuelle, selon la Fondation Ellen MacArthur et le Cabinet de conseil McKinsey, seuls 14% des plastiques usagés sont collectés en vue d’être recyclés.
En 2016, les collectes à l’intérieur de l’Europe et hors Europe ont totalisé plus de 8.4 millions de tonnes de déchets plastiques en vu d’être recyclés, selon PlasticsEurope (Association professionnelle de premier plan qui représente les producteurs européens de matières plastiques). 


Comment optimiser la fin de vie des emballages plastiques ?

 

Pour augmenter  le volume des déchets plastiques recyclés, les industriels de la filière doivent œuvrer en amont via l’éco-conception des emballages.
Le  COTREP (Comité Technique pour le Recyclage des Emballages Plastiques) a publié un guide sous la forme d’une synthèse pratique sur la recyclabilité des emballages en plastique en s’appuyant fortement sur l’éco-conception.

Malgré la mobilisation des professionnels, il convient de trouver des solutions complémentaires, pour que les autres déchets plastiques soient correctement traités.

 

Mettre fin aux décharges pour les emballages plastiques : un objectif politique clairement énoncé

 

Aujourd’hui en Europe, de nombreux emballages plastique finissent encore en décharge. 

Selon l’infographie détaillée “La vraie vie des plastiques” réalisée par PlasticsEurope,

  • dans certains pays, le taux d’emballage déposé en décharge dépasse largement les 50% : c’est le cas notamment pour l’Espagne, la Pologne, la Grèce… 
  • La France fait partie du groupe intermédiaire avec un taux d’emballages plastique placés en décharge situé entre 10 et 50%. 
  • A l’autre bout de l’échiquier, on retrouve les pays précurseurs qui ont d’ores et déjà banni la mise en décharge des déchets plastique : c’est le cas des pays scandinaves, de l’Allemagne ou encore de la Belgique.

Face à ce constat chiffré, comment accélérer la fin des décharges  pour les emballages plastiques ?
L’Europe a voté pour l’arrêt total de la mise en décharge des déchets plastique à compter de 2025. Cette mesure politique forte va donc obliger à repenser le cycle de vie du plastique. Non seulement le recyclage devra être renforcé, mais il faudra en outre développer de manière drastique la filière valorisation.

 

La valorisation énergétique des plastiques usagés : de quoi s’agit-il ?

 

Comme nous l’avons mentionné ci-dessus, le recyclage est une technique qui ne peut s’appliquer à l’ensemble des déchets plastique produits. 

Plastiques trop petits ou encore plastiques souillés font partie des déchets qui ne rentrent pas dans les filières de recyclage.
Pour tous ces emballages, il est intéressant de s’orienter vers la valorisation énergétique, d’autant plus que le pouvoir calorifique des déchets plastiques est aussi élevé que celui du pétrole.

On nomme ainsi le process qui consiste à transformer les déchets en source d’énergie. Les études sur le sujet estiment que la valorisation énergétique des déchets plastique non recyclables permettrait, annuellement en Europe, d’approvisionner 30 millions de personnes en électricité. Ceci permettrait de remplacer la production de plus de 300 centrales à charbon.

La valorisation énergétique existe déjà, mais l’implantation de la loi d’interdiction de mise en décharge à horizon 2025 devrait provoquer un véritable boom de cette filière.

 

La Recherche & Développement au service du recyclage chimique

 

Pour une meilleure prise en charge des déchets plastique, il faut bien sûr compter sur l’amélioration du tri, mais aussi sur un point crucial : l’innovation liée à la R&D.

A l’heure actuelle, un axe très prometteur se situe dans les travaux de recherche sur le recyclage chimique. A l’inverse du recyclage mécanique pratiqué aujourd’hui (tri, broyage, lavage, séchage…), le recyclage chimique fonctionnerait, lui, sur un tout autre mode.

Le concept fondamental de cette nouvelle méthode consiste à décomposer les plastiques en leurs éléments de base, pour pouvoir ensuite recréer un « plastique vierge».

 

La transformation des déchets plastique : un impact fort sur l’emploi

 

Le développement massif du recyclage et de la valorisation des déchets plastique aura de très nombreuses et bénéfiques conséquences. Tout d’abord sur l’environnement, mais aussi sur la société. En effet, on estime que 300 000 emplois pourraient être créés en Europe pour accompagner cette évolution.

Des déchets plastique mieux traités et transformés, c’est aussi un marché du travail plus dynamique !

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Pour aller plus loin sur : la stratégie européenne du plastique dans une logique d’économie circulaire